Activation et investissement social : du welfare au workfare
Science politique · Master 1
Activation, workfare, investissement social, flexicurité et intégration professionnelle en Suisse.
Introduction
Depuis les années 1990, de nombreux pays réorientent leur politique sociale vers l'activation : les prestations sont conditionnées à la recherche d'emploi, à des mesures de formation ou à une participation. L'idée d'une protection passive, fondée sur l'indemnisation, laisse place à une logique d'incitation et de responsabilité individuelle.
Deux lectures coexistent. Le workfare, d'inspiration libérale, met l'accent sur l'obligation de travailler et les sanctions. L'investissement social, associé à Giddens, Esping-Andersen et Morel, Palier et Palme, insiste sur les dépenses qui augmentent le capital humain : formation, accueil de la petite enfance, politiques d'emploi. La flexicurité danoise combine flexibilité du marché du travail et sécurité des revenus.
En Suisse, la loi sur l'assurance-chômage, les offices régionaux de placement et les mesures du marché du travail relèvent d'une logique d'activation. Dans l'assurance-invalidité, le principe de la réadaptation avant la rente illustre la même orientation, qui suscite des débats sur ses effets pour les personnes vulnérables.
Objectifs d'apprentissage
- Définir activation, workfare et investissement social
- Comparer les justifications normatives des deux logiques
- Décrire la flexicurité et ses conditions
- Identifier les instruments suisses d'activation
- Évaluer les risques et critiques de l'activation
Concepts clés
- Activation
- Orientation des prestations vers le retour à l'emploi par des obligations, des incitations et des mesures d'accompagnement.
- Workfare
- Version contraignante de l'activation : l'accès à l'aide est subordonné à une contrepartie de travail ou de participation.
- Investissement social
- Stratégie de dépenses visant à renforcer les capacités des personnes (éducation, petite enfance, formation continue) pour prévenir les risques.
- Flexicurité
- Combinaison de marché du travail flexible, de sécurité des revenus et de politiques actives d'emploi.
Conclusion
Activation et investissement social représentent deux manières de repenser la protection sociale. Leur évaluation dépend de l'équilibre entre contraintes, accompagnement et capacités réelles d'insertion.
Cartes
- Que signifie l'activation ?
- Lier l'aide sociale à la recherche d'emploi ou à des mesures de réinsertion.
- Qu'est-ce que le workfare ?
- Une logique où la prestation est conditionnée à un travail ou à une activité obligatoire.
- Quelle différence avec l'investissement social ?
- L'investissement social vise à augmenter les capacités des personnes, pas seulement à les contraindre.
- Quels exemples de dépenses d'investissement social ?
- Accueil de la petite enfance, formation, soutien à l'emploi.
- Qu'est-ce que la flexicurité ?
- Un modèle (Danemark, Pays-Bas) alliant flexibilité du travail et sécurité des revenus.
- Quel rôle jouent les ORP en Suisse ?
- Conseil et placement des chômeurs, contrôle des recherches d'emploi.
- Que signifie la réadaptation avant la rente ?
- L'assurance-invalidité cherche d'abord à maintenir ou rétablir la capacité de gain.
- Quelle critique est adressée à l'activation ?
- Elle responsabilise l'individu, peut précariser et négliger les causes structurelles du chômage.
- Quel risque pour les publics vulnérables ?
- Sanctions et non-recours aux prestations.
Glossaire
- Politique active du marché du travail
- Mesures de formation, de placement et d'emploi temporaire.
- Condition de contrepartie
- Obligation de faire quelque chose en échange d'une aide.
- Capital humain
- Compétences et connaissances d'une personne.
- Non-recours
- Fait de ne pas demander une prestation à laquelle on a droit.
- Assurance-chômage
- Assurance obligatoire indemnisant les pertes de gain et soutenant le placement.
- Réadaptation
- Mesures pour restaurer la capacité de travail.