# GLM : surdispersion, quasi-Poisson et binomiale négative

Sciences actuarielles · Master 1

> Détecter et traiter la surdispersion des nombres de sinistres dans un GLM.

## Introduction

La loi de Poisson impose que la variance soit égale à la moyenne. Les données d'assurance contredisent souvent cette hypothèse : à caractéristiques observables identiques, certains assurés sont beaucoup plus risqués que d'autres, pour des raisons que le tarif ne capte pas. La variance observée dépasse alors la moyenne : c'est la surdispersion.

La conséquence pratique est sérieuse : les coefficients restent peu biaisés, mais les écarts-types sont sous-estimés, et des variables sans effet réel paraissent significatives. On y répond de deux manières : corriger les écarts-types avec un paramètre de dispersion (quasi-Poisson) ou choisir une loi plus souple comme la binomiale négative, qui est un mélange Poisson-Gamma et qui possède un paramètre de dispersion supplémentaire.

Le mélange Poisson-Gamma est lié à la crédibilité bayésienne : l'hétérogénéité non observée entre assurés justifie un système de bonus-malus. Une autre source d'écart est l'excès de zéros, quand la proportion d'assurés sans sinistre dépasse ce que prévoit la loi de Poisson.

## Objectifs d'apprentissage

- Diagnostiquer la surdispersion avec le rapport de Pearson
- Expliquer pourquoi elle fausse les tests de significativité
- Comparer quasi-Poisson et binomiale négative
- Reconnaître un excès de zéros et les modèles adaptés
- Relier hétérogénéité non observée et crédibilité

## Concepts clés

- **Diagnostic de surdispersion** : On calcule φ̂ = χ²Pearson / (n - p), où n - p est le nombre de degrés de liberté résiduels. Une valeur proche de 1 est compatible avec Poisson. Une valeur nettement supérieure à 1 signale une surdispersion.
- **Conséquences** : Les estimations ponctuelles du modèle de Poisson restent cohérentes tant que l'espérance est bien spécifiée, mais les erreurs-types sont trop faibles. Les intervalles de confiance sont trop étroits et les tests trop généreux : on retient des variables qui n'apportent rien.
- **Quasi-Poisson** : On garde la forme de l'espérance mais on impose Var = φμ. Les erreurs-types sont multipliées par √φ̂. C'est une correction simple, mais ce n'est pas un modèle de probabilité complet : il n'y a pas de vraisemblance, donc pas d'AIC.
- **Binomiale négative** : Si λ est lui-même aléatoire, de loi Gamma, le nombre de sinistres suit une loi binomiale négative, avec Var = μ + μ²/k. La variance croît plus vite que la moyenne. Ce modèle est une vraie loi : on dispose de la vraisemblance et de l'AIC.
- **Excès de zéros** : Quand beaucoup d'assurés ne déclarent jamais de sinistre, les modèles à inflation de zéros mélangent une masse en zéro et une loi de comptage. Ils sont utiles en assurance des petits risques, mais l'interprétation doit rester prudente.

## Conclusion

La surdispersion est la règle plutôt que l'exception en assurance. Ignorer le problème conduit à des tarifs trop segmentés sur des effets illusoires.

Le diagnostic de Pearson, puis un modèle quasi-Poisson ou binomiale négative, protège contre ces conclusions trop confiantes.

## Cartes

### Que signifie la surdispersion ?

La variance observée dépasse la moyenne, alors que Poisson impose Var = μ.

### Quel est le diagnostic usuel de surdispersion ?

Le rapport χ² de Pearson / degrés de liberté résiduels, nettement supérieur à 1.

### Quelle est la conséquence de la surdispersion sur les tests ?

Les erreurs-types sont sous-estimées : les variables paraissent trop souvent significatives.

### Comment le quasi-Poisson corrige-t-il le problème ?

Il multiplie les erreurs-types par √φ̂, avec Var = φμ.

### Quel avantage la binomiale négative a-t-elle sur le quasi-Poisson ?

C'est une vraie loi de probabilité : vraisemblance et AIC disponibles.

### Quelle est la variance de la binomiale négative ?

Var = μ + μ²/k, supérieure à la moyenne.

### D'où vient la binomiale négative comme mélange ?

D'un mélange de Poisson dont le paramètre suit une loi Gamma.

### Quel lien avec le bonus-malus ?

L'hétérogénéité non observée justifie d'ajuster la prime à l'historique de sinistres (crédibilité).

### Qu'est-ce qu'un excès de zéros ?

Une proportion d'assurés sans sinistre supérieure à ce que prévoit la loi de comptage.

### Les coefficients du Poisson sont-ils faussés par la surdispersion ?

Peu : ce sont surtout les écarts-types qui sont erronés, si l'espérance est bien spécifiée.

## Glossaire

- **Surdispersion** : Variance d'un nombre de sinistres supérieure à sa moyenne.
- **Statistique de Pearson** : Somme des carrés des résidus de Pearson, utilisée pour estimer la dispersion.
- **Quasi-Poisson** : Modèle de comptage qui garde la moyenne de Poisson mais ajuste la variance par un facteur φ.
- **Binomiale négative** : Loi de comptage issue d'un mélange Poisson-Gamma, adaptée à la surdispersion.
- **Hétérogénéité non observée** : Différences de risque entre assurés qui ne sont pas capturées par les variables du tarif.
- **Inflation de zéros** : Modèle combinant une masse en zéro et une loi de comptage pour traiter un excès d'assurés sans sinistre.

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