Éthique de la recherche sur l'être humain: LRH, commissions et consentement

Santé publique & épidémiologie · Bachelor 3

Cadre éthique et légal suisse de la recherche en santé: autorisation, consentement et données.

Introduction

La recherche sur les personnes, y compris les enquêtes épidémiologiques, les cohortes et les études utilisant des données de santé, soulève des questions éthiques qui ont été formalisées après des abus historiques. Le rapport Belmont a proposé trois principes: le respect des personnes (autonomie et protection des personnes vulnérables), la bienfaisance (maximiser les bénéfices, minimiser les risques) et la justice (répartition équitable des charges et bénéfices de la recherche). La Déclaration d'Helsinki de l'Association médicale mondiale en précise les exigences.

En Suisse, la loi relative à la recherche sur l'être humain (LRH), en vigueur depuis 2014, fixe les conditions de la recherche sur les maladies humaines et sur la structure et le fonctionnement du corps humain, y compris la réutilisation de données de santé personnelles et de matériel biologique. Tout projet de recherche entrant dans son champ doit être soumis à une commission d'éthique cantonale compétente, dont les travaux sont coordonnés par swissethics. La protection des données reste régie par la législation sur la protection des données.

Le consentement éclairé est la pierre angulaire de cette protection: la personne doit recevoir une information compréhensible, décider librement et pouvoir se retirer. Pour la réutilisation de données et d'échantillons, la pratique suisse recourt à un consentement général. Ce deck détaille ces mécanismes et leurs implications pour une étude épidémiologique.

Objectifs d'apprentissage

  • Énoncer les principes de Belmont et leur application à une étude épidémiologique
  • Décrire le rôle de la LRH, des commissions d'éthique cantonales et de swissethics
  • Définir les éléments d'un consentement éclairé valide
  • Expliquer le traitement des personnes vulnérables et de la réutilisation de données
  • Préparer les éléments éthiques d'un protocole de recherche

Concepts clés

Principes de Belmont
Le respect des personnes impose le consentement et la protection des personnes à autonomie réduite; la bienfaisance impose d'évaluer risques et bénéfices; la justice interdit de faire porter les risques sur des groupes vulnérables sans qu'ils bénéficient des résultats. Ces principes structurent l'analyse de tout protocole.
LRH et commissions d'éthique
La LRH règle la recherche sur l'être humain en Suisse et soumet les projets à l'évaluation d'une commission d'éthique cantonale compétente. Celle-ci examine la valeur scientifique, l'équilibre risques-bénéfices, le consentement et la protection des participants. Swissethics coordonne les commissions et harmonise la procédure.
Consentement éclairé
Il suppose une information compréhensible sur le but, la procédure, les risques, les bénéfices, la confidentialité et le droit de se retirer sans préjudice, la capacité de discernement, et une décision libre de toute pression. Il est un processus continu et pas seulement une signature.
Réutilisation de données et consentement général
Pour réutiliser des données de santé et du matériel biologique à des fins de recherche non définies à l'avance, la LRH prévoit un consentement général, que le patient peut donner au moment de la prise en charge, avec un droit de refus. La réutilisation de données anonymisées obéit à un régime plus léger.
Personnes vulnérables et équité
Des règles renforcées s'appliquent aux enfants, aux personnes sans capacité de discernement, aux personnes détenues ou en situation de dépendance. La recherche doit répondre à un besoin du groupe concerné et ne pas lui imposer des risques disproportionnés pour des bénéfices destinés à d'autres.

Conclusion

L'éthique de la recherche repose sur des principes stables, respect, bienfaisance et justice, traduits en Suisse par la LRH, l'évaluation indépendante des commissions d'éthique et des exigences de consentement et de protection des données. Pour l'épidémiologiste, elle commence dès la conception du protocole, bien avant la collecte.

La réutilisation de grandes bases de données de santé rend ces règles encore plus importantes: consentement général, pseudonymisation, minimisation des données et transparence sur les finalités permettent de concilier progrès des connaissances et confiance du public.

Cartes

Quels sont les trois principes du rapport Belmont ?
Le respect des personnes, la bienfaisance et la justice.
Que recouvre le respect des personnes ?
La reconnaissance de l'autonomie, donc le consentement éclairé, et la protection des personnes dont l'autonomie est réduite.
Que recouvre le principe de justice dans la recherche ?
La répartition équitable des risques et des bénéfices, sans faire porter les charges de la recherche à des groupes vulnérables qui n'en profiteront pas.
Qu'est-ce que la Déclaration d'Helsinki ?
Un ensemble de principes éthiques de l'Association médicale mondiale pour la recherche médicale impliquant des êtres humains.
Que règle la LRH ?
La recherche sur les maladies humaines et sur la structure et le fonctionnement du corps humain, y compris la réutilisation de données de santé et de matériel biologique.
Quel organe examine les projets de recherche relevant de la LRH ?
Une commission d'éthique cantonale compétente.
Quel est le rôle de swissethics ?
Coordonner les commissions d'éthique cantonales et harmoniser les procédures d'évaluation des projets.
Que doit comprendre l'information donnée avant un consentement éclairé ?
Le but, la procédure, les risques et bénéfices, la confidentialité, la participation volontaire et le droit de se retirer sans préjudice.
Pourquoi le consentement est-il un processus et non une simple signature ?
Parce que la compréhension doit être vérifiée, les questions accueillies et l'information actualisée pendant l'étude.
Qu'est-ce que le consentement général ?
L'accord donné à l'avance pour la réutilisation de données de santé et d'échantillons à des fins de recherche, avec droit de refus.
Une étude peut-elle contraindre des enfants à participer sans aucune règle spécifique ?
Non, des exigences renforcées s'appliquent: représentants légaux, assentiment de l'enfant, risque minimal et bénéfice pour la catégorie concernée.
Pourquoi la qualité scientifique est-elle une exigence éthique ?
Parce qu'exposer des participants à des contraintes pour une étude incapable de produire des résultats valides est injustifiable.

Glossaire

Consentement éclairé
Accord libre et informé d'une personne capable de discernement pour participer à une recherche.
Commission d'éthique
Organe indépendant chargé d'évaluer l'acceptabilité éthique et scientifique d'un projet de recherche sur l'être humain.
Consentement général
Autorisation donnée à l'avance de réutiliser les données de santé et le matériel biologique à des fins de recherche.
Assentiment
Accord d'une personne qui ne peut pas consentir juridiquement, par exemple un enfant, exprimé selon sa capacité de comprendre.
Anonymisation
Procédé qui supprime tout lien permettant de relier les données à une personne identifiable, de manière irréversible.
Pseudonymisation
Remplacement des identifiants par un code, la clé de correspondance étant conservée séparément; les données restent des données personnelles.
Équilibre risques-bénéfices
Évaluation selon laquelle les risques encourus par les participants sont acceptables au regard de la valeur scientifique attendue.