Don d'organes du vivant: conditions, gratuité et protection du donneur
Droit de la santé · Master 2
Conditions du don du vivant, interdiction du commerce d'organes et protection du donneur (LTx).
Introduction
Le don d'organes du vivant, par exemple d'un rein ou d'une partie du foie, soulève des questions juridiques spécifiques: le donneur prend un risque pour la santé d'un tiers sans bénéfice thérapeutique personnel. La LTx pose donc des conditions strictes: le donneur doit être majeur et capable de discernement, informé de manière complète, consentir librement et par écrit, et le prélèvement ne doit pas lui faire courir de risque sérieux pour sa vie ou sa santé. Le don est en outre subsidiaire: il n'est admis que si aucun organe d'une personne décédée n'est disponible en temps utile.
La Constitution (art. 119a al. 3) interdit le commerce d'organes, de tissus et de cellules humains, et la LTx prévoit des sanctions pénales. Le donneur ne peut recevoir de rétribution, mais il a droit au remboursement de ses frais et à une assurance couvrant les conséquences du prélèvement. Un suivi à long terme est organisé et un registre de suivi des donneurs existe pour contrôler les effets du don.
Le deck traite aussi des situations sensibles: le don à un proche ou à un tiers avec lien étroit, les dons croisés (échanges entre paires incompatibles), la protection des mineurs et des personnes incapables de discernement, et la question de la contrainte familiale.
Objectifs d'apprentissage
- Énumérer les conditions de licéité du don d'organes du vivant
- Expliquer la subsidiarité du don du vivant par rapport au don post mortem
- Décrire l'interdiction du commerce d'organes et ses sanctions
- Analyser les mécanismes de protection du donneur (assurance, suivi, remboursement des frais)
- Évaluer les situations de dons croisés et de pression familiale
Concepts clés
- Conditions du consentement
- Le donneur doit être majeur et capable de discernement, informé des risques par un médecin indépendant du receveur, et donner un consentement libre et écrit. Une évaluation de l'absence de contrainte est nécessaire, souvent par une instance indépendante dans l'établissement.
- Subsidiarité et risque
- Le prélèvement n'est admis que si le receveur ne peut être traité autrement, notamment par un organe de donneur décédé en temps utile, et si le risque pour le donneur est limité. Le principe de proportionnalité s'applique.
- Interdiction du commerce d'organes
- L'art. 119a al. 3 Cst. interdit le commerce d'organes; la LTx interdit de demander ou d'accorder un avantage pécuniaire ou autre pour un organe, et prévoit des peines privatives de liberté. Le remboursement des dépenses réelles est autorisé.
- Protection du donneur
- Le donneur bénéficie d'une assurance pour couvrir les conséquences à long terme et d'un suivi médical. Le coût du prélèvement et du suivi est pris en charge par l'assurance du receveur selon les règles légales.
- Mineurs et incapables
- Le prélèvement d'organes non régénérables sur des mineurs ou des personnes incapables de discernement est exclu. Des exceptions strictes existent pour des tissus régénérables, dans l'intérêt de la personne concernée et avec le consentement du représentant.
Conclusion
Le don d'organes du vivant est autorisé dans un cadre strict qui concilie solidarité et protection du donneur. Le consentement, la subsidiarité, la gratuité et la protection assurantielle forment l'architecture du régime.
L'interdiction du commerce d'organes, constitutionnelle et pénale, rappelle que le corps humain n'est pas une marchandise.
Cartes
- Quelles personnes peuvent être donneuses d'un organe du vivant ?
- Des personnes majeures et capables de discernement.
- Que signifie le caractère subsidiaire du don du vivant ?
- Il n'est admis que s'il n'existe pas d'organe de donneur décédé disponible en temps utile.
- Quel consentement est requis ?
- Un consentement libre, éclairé et écrit.
- Qui informe le donneur ?
- Un médecin indépendant de l'équipe de transplantation du receveur.
- Le commerce d'organes est-il autorisé ?
- Non. L'art. 119a al. 3 Cst. l'interdit et la LTx le sanctionne pénalement.
- Le donneur peut-il être indemnisé ?
- Il a droit au remboursement de ses frais, mais pas à une rétribution pour l'organe.
- Qui prend en charge les frais médicaux du prélèvement ?
- L'assurance-maladie du receveur, selon les règles de la LTx et de la LAMal.
- Un mineur peut-il donner un rein ?
- Non. Le prélèvement d'organes non régénérables est exclu pour les mineurs.
- Qu'est-ce qu'un don croisé ?
- Un échange entre deux paires donneur-receveur incompatibles, chacun donnant au receveur de l'autre paire.
- Pourquoi vérifier l'absence de pression ?
- Pour garantir la liberté du consentement, notamment dans les relations familiales.
- Existe-t-il un suivi du donneur ?
- Oui, un suivi médical à long terme et un registre de suivi pour contrôler les effets du don.
- Que risque une personne qui vend un organe ?
- Une sanction pénale prévue par la LTx, dont une peine privative de liberté.
Glossaire
- Don du vivant
- Prélèvement d'un organe ou d'une partie d'organe sur une personne vivante au profit d'un tiers.
- Subsidiarité
- Principe selon lequel le don du vivant n'intervient que si le don post mortem n'est pas disponible.
- Commerce d'organes
- Échange d'organes contre un avantage pécuniaire, interdit.
- Don croisé
- Échange de dons entre paires incompatibles.
- Consentement éclairé
- Accord donné après information sur risques et alternatives.
- Suivi du donneur
- Surveillance médicale à long terme après le don.
- Tissu régénérable
- Tissu qui se reconstitue naturellement, comme la moelle osseuse.
- Frais
- Remboursement des dépenses réelles du donneur.