# Big man, great man et chefferie : Sahlins et Godelier

Anthropologie & ethnologie · Master 1

> Leadership en Mélanésie et Polynésie : big men, great men, rang héréditaire et pouvoir.

## Introduction

En 1963, Marshall Sahlins oppose le « big man » mélanésien, qui construit son pouvoir par la redistribution et la compétition, au chef polynésien, dont l'autorité repose sur un rang hérité. Cette comparaison est devenue un classique de l'anthropologie politique, car elle relie type de leadership, économie du don et mode d'accès au pouvoir.

Maurice Godelier, à partir de son terrain chez les Baruya de Nouvelle-Guinée, a nuancé la dichotomie en proposant la figure du « great man », dont le statut vient d'une position dans l'ordre social et rituel plutôt que d'une accumulation compétitive. Ce deck examine la typologie, ses critiques et ses usages.

## Objectifs d'apprentissage

- Définir big man et chef héréditaire selon Sahlins
- Expliquer le rôle de la redistribution dans la légitimité
- Présenter la critique de Godelier (great man)
- Relier leadership et économie du don
- Discuter la portée comparative et les limites de la typologie

## Concepts clés

- **Big man** : Leader d'une société non hiérarchisée dont le prestige s'acquiert par la capacité à mobiliser des alliés, organiser des échanges et redistribuer.
- **Chef polynésien** : Leader dont l'autorité repose sur le rang généalogique, avec des privilèges et une sacralité héritées.
- **Great man** : Chez les Baruya, personnage dont le statut dérive de ses fonctions rituelles et guerrières dans un ordre social structuré.
- **Limite** : La dichotomie simplifie des réalités variables et néglige l'histoire des sociétés et les effets du contact colonial.

## Conclusion

La comparaison entre big man, great man et chef héréditaire montre que le pouvoir ne se réduit pas à la force ou à l'institution : il se construit dans l'échange, le rituel et la généalogie.

À retenir : les typologies sont des outils heuristiques, utiles pour comparer mais à manier avec prudence.

## Cartes

### Qui propose en 1963 l'opposition big man/chef ?

Marshall Sahlins

### Comment un big man gagne-t-il son prestige ?

Par la mobilisation d'un réseau, l'organisation de fêtes et d'échanges et la redistribution de biens.

### Pourquoi son pouvoir est-il fragile ?

Il doit sans cesse justifier sa position par de nouvelles redistributions, et ses partisans peuvent le quitter.

### Sur quoi repose l'autorité d'un chef polynésien ?

Sur un rang hérité dans une généalogie, associé à des privilèges et à une dimension sacrée.

### Qui a proposé la notion de great man ?

Maurice Godelier, à partir de son étude des Baruya de Nouvelle-Guinée.

### Quelle différence entre big man et great man selon Godelier ?

Le great man tient son statut de sa place dans l'ordre rituel et social, le big man de ses succès compétitifs.

### Quel lien entre redistribution et légitimité ?

Redistribuer permet de transformer la richesse en prestige et en obligations de loyauté.

### Quelle critique générale adresse-t-on à la typologie ?

Elle est trop schématique et fige des formes qui varient historiquement.

## Glossaire

- **Big man** : Leader au prestige acquis par la compétition d'échanges et de redistribution.
- **Chefferie** : Système politique où l'autorité est liée à un rang héréditaire et à des fonctions rituelles.
- **Great man** : Figure de statut fondée sur un ordre social et rituel plus que sur la compétition économique.
- **Redistribution** : Mise en circulation de biens par une autorité qui les reçoit puis les distribue.
- **Prestige** : Reconnaissance sociale qui confère influence sans nécessairement impliquer de contrainte.
- **Leadership** : Capacité d'un individu à orienter l'action collective, avec ou sans institution formelle.

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