Suffrage féminin en Suisse : de 1959 à 1990
Études genre · Bachelor 3
Un long chemin : votations, cantons pionniers et dernier bastion d'Appenzell.
Introduction
La Suisse est l'un des derniers pays européens à avoir accordé le droit de vote aux femmes sur le plan fédéral. Une première votation nationale a échoué en 1959, alors que Vaud et Neuchâtel, puis Genève, introduisaient le droit de vote cantonal peu après. Le 7 février 1971, les hommes ont accepté le suffrage féminin au niveau fédéral.
Ce retard s'explique par le caractère particulier du système : la démocratie directe, où seuls les hommes pouvaient modifier la Constitution, a fait dépendre l'octroi du droit de vote d'une majorité d'électeurs masculins. Les cantons ont ensuite avancé à des rythmes différents. Appenzell Rhodes-Intérieures fut le dernier : le Tribunal fédéral lui imposa en 1990 d'accorder le droit de vote cantonal aux femmes.
Cette histoire éclaire la place des femmes dans les institutions suisses et la manière dont le fédéralisme influence les droits civiques.
Objectifs d'apprentissage
- Situer les étapes du suffrage féminin en Suisse
- Expliquer le rôle de la démocratie directe et du fédéralisme
- Présenter le cas d'Appenzell Rhodes-Intérieures
- Relier le suffrage aux avancées ultérieures de l'égalité
Concepts clés
- Un suffrage obtenu par vote masculin
- Pour changer la Constitution, il fallait une majorité du peuple, soit des électeurs masculins, et des cantons. Les femmes dépendaient donc d'une décision d'hommes.
- Cantons pionniers
- Des cantons romands ont introduit le droit de vote féminin avant la Confédération, dès 1959 pour Vaud, ce qui a servi de laboratoire politique.
- Appenzell Rhodes-Intérieures
- Ce canton, attaché à sa Landsgemeinde, refusait l'extension du suffrage ; le Tribunal fédéral a jugé en 1990 que l'exclusion des femmes violait le principe d'égalité.
- Après le suffrage
- Étapes suivantes : article constitutionnel sur l'égalité (1981), grève du 14 juin 1991, loi sur l'égalité (1996) et élection des premières conseillères fédérales.
Conclusion
Le suffrage féminin suisse est un cas d'école de l'interaction entre démocratie directe et fédéralisme : le droit de vote a été conquis canton par canton, puis au niveau fédéral, et complété par un arrêt du Tribunal fédéral.
Retenez les dates clés (1959, 1971, 1990, 1981), le rôle du vote masculin et la distinction entre égalité de droit et égalité de fait.
Cartes
- Quand le suffrage féminin fédéral a-t-il été accepté ?
- Le 7 février 1971, en votation populaire fédérale.
- Quel canton a introduit le droit de vote féminin dès 1959 ?
- Vaud, suivi peu après de Neuchâtel et de Genève.
- Pourquoi les femmes ne pouvaient-elles pas voter plus tôt ?
- Parce que le droit de vote dépendait d'une majorité d'électeurs masculins qui refusait la réforme.
- Que s'est-il passé à Appenzell Rhodes-Intérieures en 1990 ?
- Le Tribunal fédéral a jugé que les femmes devaient avoir le droit de vote cantonal ; le canton était le dernier à l'exclure.
- Qu'est-ce que la Landsgemeinde ?
- Une assemblée où les citoyens votent à main levée ; elle subsiste dans quelques cantons.
- Quelle est la première conseillère fédérale ?
- Elisabeth Kopp, élue en 1984.
- Quand l'égalité a-t-elle été inscrite dans la Constitution ?
- En 1981, avec un article sur l'égalité entre femmes et hommes.
- Que symbolise la grève du 14 juin 1991 ?
- Une mobilisation massive pour l'égalité réelle, dix ans après l'article constitutionnel.
- Quel principe a servi au Tribunal fédéral en 1990 ?
- Le principe d'égalité de la Constitution, interprété à la lumière de l'évolution de la société.
Glossaire
- Suffrage féminin
- Droit pour les femmes de voter et d'être élues.
- Démocratie directe
- Système où le peuple décide par votations et initiatives.
- Landsgemeinde
- Assemblée citoyenne cantonale votant à main levée.
- Fédéralisme
- Répartition des compétences entre Confédération et cantons.
- Droits politiques
- Droits de voter, d'élire, de signer et de lancer une initiative.
- Égalité de droit
- Principe selon lequel hommes et femmes ont les mêmes droits devant la loi.