La règle de Taylor : fixer le taux directeur selon inflation et production
Économie politique · Master 1
Règle de Taylor : formule, principe de Taylor, discrétion contre règle et limites.
Introduction
John Taylor a proposé en 1993 une règle simple décrivant le taux directeur qu'une banque centrale devrait fixer en fonction de l'écart d'inflation par rapport à la cible et de l'écart de production. La règle a servi de référence pour comparer les politiques effectives à un benchmark systématique.
Sous sa forme canonique : i = r* + π + 0,5(π - π*) + 0,5(y - y*), avec r* le taux réel d'équilibre, π l'inflation, π* la cible et y - y* l'écart de production en pourcentage. Le coefficient supérieur à 1 sur l'inflation (le principe de Taylor) garantit une réaction du taux réel.
Le débat règle contre discrétion remonte à Kydland et Prescott (1977) sur l'incohérence temporelle. Les banques centrales, dont la BNS, ne suivent pas mécaniquement une règle mais l'utilisent comme repère.
Objectifs d'apprentissage
- Écrire la règle de Taylor et interpréter ses coefficients
- Expliquer le principe de Taylor et son rôle dans la stabilité
- Distinguer règle et discrétion en politique monétaire
- Comprendre l'incohérence temporelle
- Identifier les limites pratiques de la règle
Concepts clés
- Formule de Taylor
- i = r* + π + 0,5(π - π*) + 0,5(y - y*).
- Principe de Taylor
- Le taux nominal doit augmenter plus que proportionnellement à l'inflation (coefficient > 1) pour que le taux réel monte.
- Règle contre discrétion
- Une règle crédible ancre les anticipations ; la discrétion offre de la flexibilité mais risque l'incohérence temporelle.
- Limites
- Mesure incertaine du taux naturel et de l'écart de production ; borne inférieure effective à zéro.
Conclusion
La règle de Taylor offre un cadre simple pour comprendre la réaction systématique de la politique monétaire et ancrer les anticipations. Elle met en lumière la nécessité d'un taux réel qui réagit à l'inflation.
Ses limites rappellent que le jugement reste nécessaire dans la conduite concrète de la politique monétaire.
Cartes
- Quels sont les deux écarts dans la règle de Taylor ?
- L'écart d'inflation par rapport à la cible et l'écart de production par rapport au potentiel.
- Que représente r* ?
- Le taux d'intérêt réel d'équilibre, compatible avec production potentielle et inflation stable.
- Que dit le principe de Taylor ?
- La banque centrale doit relever son taux nominal de plus d'un point pour chaque point d'inflation supplémentaire.
- Quel est le taux prescrit si π = 3 %, π* = 2 %, écart de production nul, r* = 2 % ?
- i = 2 + 3 + 0,5(1) + 0 = 5,5 %.
- Qu'est-ce que l'incohérence temporelle ?
- La politique optimale annoncée n'est plus optimale une fois les anticipations formées, ce qui incite à dévier.
- Quel est l'avantage d'une règle ?
- Elle améliore la prévisibilité et l'ancrage des anticipations.
- Que se passe-t-il à la borne inférieure effective ?
- La règle prescrit un taux négatif non réalisable : l'autorité utilise des instruments non conventionnels.
- Pourquoi les banques centrales ne suivent-elles pas mécaniquement la règle ?
- Les données sont révisées, les chocs imprévus et d'autres variables (stabilité financière, change) comptent.
- Quelle différence entre cible d'inflation et règle de Taylor ?
- La cible d'inflation est un cadre d'objectif ; la règle est une équation de réaction instrumentale.
Glossaire
- Écart de production
- Différence entre production observée et potentielle.
- Taux réel d'équilibre
- Taux d'intérêt réel neutre.
- Cible d'inflation
- Objectif quantitatif d'inflation annoncé par la banque centrale.
- Incohérence temporelle
- Divergence entre plan optimal ex ante et ex post.
- Borne inférieure effective
- Limite en deçà de laquelle le taux ne peut pas être abaissé sans coûts significatifs.
- Crédibilité
- Confiance du public dans l'engagement de la banque centrale.