Le modèle IS-LM : équilibre sur le marché des biens et de la monnaie
Économie politique · Bachelor 2
Courbes IS et LM, équilibre simultané, effets des politiques budgétaire et monétaire.
Introduction
Le modèle IS-LM, proposé par Hicks (1937) et développé par Hansen, synthétise la Théorie générale de Keynes en deux relations : l'équilibre du marché des biens (IS) et celui du marché de la monnaie (LM). Il détermine simultanément le revenu et le taux d'intérêt, à prix fixes.
La courbe IS lie le taux d'intérêt au revenu pour lequel l'épargne égale l'investissement ; elle est décroissante. La courbe LM lie ces deux variables pour lesquelles l'offre de monnaie égale la demande de monnaie ; elle est croissante.
Le modèle reste un outil pédagogique central pour comprendre l'efficacité relative des politiques budgétaire et monétaire, y compris dans les cours de macroéconomie de l'UNIL, de l'UNIGE et de l'UNIFR, même si les banques centrales emploient aujourd'hui des modèles plus sophistiqués.
Objectifs d'apprentissage
- Dériver la courbe IS à partir de la demande globale
- Dériver la courbe LM à partir de la demande de monnaie
- Déterminer l'équilibre simultané de IS et LM
- Analyser les effets d'une politique budgétaire ou monétaire expansionniste
- Expliquer l'effet d'éviction et la trappe à liquidité
Concepts clés
- Courbe IS
- Y = C(Y-T) + I(r) + G. Quand r baisse, l'investissement augmente et le revenu d'équilibre aussi : pente négative.
- Courbe LM
- M/P = L(Y, r). Une hausse du revenu accroît la demande de monnaie ; pour maintenir l'équilibre, r doit monter : pente positive.
- Politique budgétaire
- Une hausse de G déplace IS vers la droite : Y et r augmentent ; la hausse de r évince une partie de l'investissement privé.
- Politique monétaire
- Une hausse de M déplace LM vers la droite : r baisse et Y augmente.
Conclusion
Le modèle IS-LM fournit une grille d'analyse simple pour comprendre l'interaction entre politiques budgétaire et monétaire. Ses limites (prix fixes, anticipations absentes, économie fermée) ont conduit à des extensions : IS-LM-BP (Mundell-Fleming), modèles DSGE.
Il demeure une étape indispensable pour comprendre la macroéconomie keynésienne.
Cartes
- Que représente la courbe IS ?
- L'ensemble des couples (Y, r) pour lesquels le marché des biens est à l'équilibre.
- Que représente la courbe LM ?
- L'ensemble des couples (Y, r) pour lesquels la demande de monnaie égale l'offre réelle de monnaie.
- Pourquoi IS est-elle décroissante ?
- Une baisse du taux d'intérêt stimule l'investissement, donc la demande globale et le revenu d'équilibre.
- Pourquoi LM est-elle croissante ?
- Plus le revenu est élevé, plus la demande de monnaie transactionnelle est forte ; il faut un taux plus élevé pour réduire la demande spéculative.
- Qu'est-ce que l'effet d'éviction ?
- La hausse du taux d'intérêt due à la relance budgétaire réduit l'investissement privé et amoindrit l'effet de la relance.
- Qu'est-ce que la trappe à liquidité ?
- Situation de taux très bas où la demande de monnaie est infiniment élastique : LM est horizontale et la politique monétaire conventionnelle est inefficace.
- Que devient l'effet d'une relance budgétaire si LM est verticale ?
- Elle est entièrement évincée : Y inchangé, r augmente (cas classique).
- Comment une baisse d'impôts déplace-t-elle IS ?
- Vers la droite, via une hausse de la consommation, avec effet multiplicateur moins important que pour G.
- Quelle hypothèse centrale du modèle de base ?
- Les prix sont fixes (rigides) : la demande détermine la production à court terme.
Glossaire
- Multiplicateur
- Rapport entre la variation du revenu d'équilibre et la variation de la dépense autonome.
- Demande de monnaie
- Quantité de monnaie que les agents souhaitent détenir selon le revenu et le taux d'intérêt.
- Préférence pour la liquidité
- Motifs de transaction, de précaution et de spéculation expliquant la demande de monnaie chez Keynes.
- Effet d'éviction
- Baisse de l'investissement privé induite par la hausse des taux provoquée par le déficit public.
- Trappe à liquidité
- Zone où une hausse de la masse monétaire ne fait plus baisser le taux d'intérêt.
- Propension marginale à consommer
- Part d'un revenu supplémentaire consacrée à la consommation.