Immunodéficiences secondaires et immunosuppression thérapeutique
Microbiologie & immunologie · Master 1
Causes acquises d'immunodéficience : médicaments, hémopathies, asplénie ; prévention des infections.
Introduction
Contrairement aux déficits primitifs d'origine génétique, les immunodéficiences secondaires résultent d'une cause acquise : traitements immunosuppresseurs, hémopathies malignes, infections (VIH), dénutrition, maladies rénales (syndrome néphrotique), diabète, âge avancé ou asplénie. Elles sont bien plus fréquentes en pratique clinique.
L'essor des biothérapies (anti-CD20 comme le rituximab, anti-TNF, inhibiteurs de JAK, CAR-T) multiplie les patients à risque d'infections opportunistes, de réactivations virales (hépatite B, VZV, CMV) et de réponse vaccinale diminuée. La prévention repose sur le dépistage avant traitement, la vaccination et la prophylaxie ciblée.
Ce deck, de niveau Master 1, aide à raisonner le risque infectieux selon le mécanisme immunitaire touché, avec les recommandations de la pratique suisse.
Objectifs d'apprentissage
- Classer les causes d'immunodéficience secondaire
- Relier une classe de médicament au type d'infection attendu
- Décrire le dépistage avant biothérapie
- Planifier vaccinations et prophylaxies chez le patient immunosupprimé
Concepts clés
- Hypogammaglobulinémie secondaire
- Baisse des IgG acquise (anti-CD20, myélome, LLC, syndrome néphrotique) exposant aux infections bactériennes.
- Réactivation virale
- Reprise de réplication d'un virus latent (VHB, VZV, CMV) lors d'une immunosuppression.
- Prophylaxie
- Traitement préventif de l'infection chez le patient à risque (ex. cotrimoxazole contre Pneumocystis).
Conclusion
Le risque infectieux d'un patient immunodéprimé dépend du mécanisme précis de l'immunosuppression. Une approche structurée — dépistage, vaccination, prophylaxie et information — permet de limiter les complications.
Cette médecine de précision suit l'arrivée constante de nouvelles biothérapies.
Cartes
- Quel risque majeur accompagne les corticoïdes à forte dose ?
- Atteinte de l'immunité cellulaire : Pneumocystis, candidoses, tuberculose, zona.
- Quelle prophylaxie contre Pneumocystis jirovecii ?
- Le cotrimoxazole, chez les patients recevant des corticoïdes prolongés ou une chimiothérapie lourde.
- Quel dépistage avant rituximab ?
- Hépatites B (HBsAg, anti-HBc) et C, VIH et tuberculose selon le contexte, pour prévenir une réactivation.
- Quel risque spécifique aux anti-TNF ?
- Réactivation de la tuberculose latente, d'où le dépistage préalable (test IGRA).
- Quelle infection est liée aux inhibiteurs de calcineurine après greffe ?
- Réactivation du CMV et infections opportunistes ; surveillance de la virémie.
- Quel défaut immunitaire accompagne la splénectomie ?
- Risque de sepsis fulminant par bactéries encapsulées (pneumocoque, méningocoque, Hib).
- Quels vaccins sont déconseillés chez l'immunodéprimé ?
- Les vaccins vivants atténués (ROR, varicelle, fièvre jaune) selon le degré d'immunosuppression.
- Quand vacciner avant anti-CD20 ?
- Idéalement 2 à 4 semaines avant le traitement, car la réponse humorale est abolie ensuite pendant plusieurs mois.
- Que traite l'immunoglobulinothérapie substitutive secondaire ?
- Les infections bactériennes récidivantes avec IgG basses et réponse vaccinale insuffisante.
- Qu'est-ce que la neutropénie fébrile ?
- Température > 38 °C avec PNN < 500/µL : urgence nécessitant une antibiothérapie à large spectre immédiate.
Glossaire
- Immunosuppression iatrogène
- Diminution des défenses immunitaires causée par un traitement.
- Infection opportuniste
- Infection par un germe peu pathogène chez le sujet immunocompétent, sévère chez l'immunodéprimé.
- IGRA
- Test de libération d'interféron-γ détectant l'infection tuberculeuse latente.
- Inhibiteur de JAK
- Molécule inhibant des kinases de signalisation des cytokines (tofacitinib).
- Asplénie fonctionnelle
- Perte de la fonction splénique sans ablation chirurgicale.
- Vaccination cocon
- Stratégie vaccinant l'entourage pour protéger un patient immunodéprimé.