# Troubles dépressifs: diagnostic, évaluation du risque suicidaire et traitement

Médecine humaine · Master 1

> Critères diagnostiques, risque suicidaire, antidépresseurs et psychothérapie de la dépression.

## Introduction

L'épisode dépressif caractérisé se manifeste par une humeur abaissée, une perte d'intérêt ou de plaisir et une fatigue, associées à des troubles du sommeil, de l'appétit, de la concentration, un sentiment de culpabilité ou de dévalorisation et, parfois, des idées de mort. Le diagnostic est clinique et s'appuie sur des critères internationaux (CIM) ; la durée, l'intensité et le retentissement fonctionnel déterminent la sévérité (légère, moyenne, sévère, avec ou sans symptômes psychotiques).

Le diagnostic différentiel inclut les causes somatiques (hypothyroïdie, anémie, maladies neurologiques), les effets de substances et de médicaments, le deuil, le trouble bipolaire et les troubles anxieux. L'évaluation du risque suicidaire est systématique : idées, planification, moyens, antécédents, facteurs protecteurs. La question directe sur le suicide n'augmente pas le risque.

Le traitement associe selon la sévérité psychothérapie (notamment thérapie cognitivo-comportementale), antidépresseurs (ISRS, IRSN et autres classes) et mesures de soutien. L'effet des antidépresseurs apparaît après plusieurs semaines. En cas de non-réponse, on vérifie l'observance et le diagnostic, puis on optimise, change ou associe les traitements ; d'autres options existent pour les formes résistantes. Le suivi vise la rémission et la prévention de la rechute.

## Objectifs d'apprentissage

- Appliquer les critères diagnostiques d'un épisode dépressif caractérisé
- Évaluer la sévérité et le risque suicidaire
- Proposer un diagnostic différentiel structuré
- Choisir un traitement initial selon la sévérité
- Décrire la conduite en cas de réponse insuffisante

## Concepts clés

- **Critères diagnostiques** : Humeur dépressive, perte d'intérêt, réduction d'énergie et symptômes associés pendant au moins deux semaines, avec retentissement fonctionnel.
- **Évaluation du risque suicidaire** : Interroger directement sur les idées suicidaires, leur planification, l'accès à des moyens létaux, les antécédents et les facteurs de protection ; décider du cadre de soins.
- **Diagnostic différentiel** : Maladies somatiques (thyroïde, anémie), substances, médicaments, trouble bipolaire, deuil, troubles anxieux.
- **Traitement** : Psychothérapie pour les formes légères à modérées, antidépresseur dans les formes modérées à sévères, association fréquente ; les ISRS sont souvent de première intention.
- **Non-réponse et résistance** : Réévaluer le diagnostic et l'observance, optimiser la dose, changer de classe, associer ou potentialiser ; recourir à des options spécialisées au besoin.

## Conclusion

Le diagnostic de dépression est clinique, mais il impose toujours de chercher des causes somatiques, un trouble bipolaire et un risque suicidaire. Les traitements sont efficaces lorsque la sévérité est bien évaluée.

Le suivi, l'alliance thérapeutique et la prévention de la rechute font partie du traitement autant que le médicament ou la thérapie.

## Cartes

### Quelle durée minimale pour un épisode dépressif caractérisé ?

Deux semaines de symptômes présents presque tous les jours.

### Quels sont les symptômes cardinaux ?

Humeur dépressive, perte d'intérêt ou de plaisir, diminution de l'énergie.

### Quels troubles somatiques écarter ?

Hypothyroïdie, anémie, déficits vitaminiques et maladies neurologiques.

### Pourquoi rechercher un trouble bipolaire ?

Parce qu'un antidépresseur en monothérapie peut induire un virage maniaque ou aggraver l'évolution.

### Parler du suicide augmente-t-il le risque ?

Non, la question directe permet d'évaluer le risque et soulage souvent le patient.

### Quels éléments évaluer face à des idées suicidaires ?

Intention, planification, moyens disponibles, antécédents de tentative et facteurs protecteurs.

### Quelle classe d'antidépresseurs est souvent de première ligne ?

Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS).

### Après combien de temps attend-on l'effet d'un antidépresseur ?

Plusieurs semaines, avec une amélioration progressive.

### Quelle psychothérapie a des preuves solides ?

La thérapie cognitivo-comportementale.

### Que faire en cas de réponse insuffisante ?

Vérifier le diagnostic et l'observance, optimiser la dose, changer ou associer des traitements.

### Quels signes imposent une hospitalisation ?

Risque suicidaire élevé, symptômes psychotiques, impossibilité de prendre soin de soi.

### Pourquoi poursuivre le traitement après la rémission ?

Pour prévenir la rechute, en général pendant plusieurs mois.

## Glossaire

- **Épisode dépressif caractérisé** : Syndrome associant humeur dépressive, perte d'intérêt et symptômes associés pendant au moins deux semaines.
- **Anhédonie** : Perte de la capacité à ressentir du plaisir.
- **ISRS** : Inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine, classe d'antidépresseurs.
- **Idées suicidaires** : Pensées de mort ou d'autodestruction, de la passivité à la planification.
- **Dépression résistante** : Absence de réponse suffisante à deux traitements antidépresseurs adéquats.
- **Rémission** : Disparition quasi complète des symptômes avec retour au fonctionnement habituel.
- **Thérapie cognitivo-comportementale** : Psychothérapie structurée qui travaille sur les pensées et les comportements.

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